Les protagonistes
du spectacle
Yannick Soulier
L'artiste au cœur du mouvement
Comédien et peintre, Yannick est l’épicentre du spectacle Danse avant de tomber.
Son parcours est celui d’un homme qui a dédié sa vie à l’expression artistique et qui continue de le faire, autrement.
Le comédien
Repéré par la télévision dès l'âge de 16 ans, Yannick a mené une très riche carrière de comédien (théâtre, cinéma, télévision). Sa présence scénique et son charisme sont les fondations du projet.
Diagnostiqué de la maladie d'Alzheimer en 2016 suite à un incident survenu pendant un tournage, il conserve non seulement cette mémoire organique du jeu et du mouvement, mais aussi un besoin viscéral de monter sur scène.
Le plasticien
Bien avant le diagnostic, Yannick s'exprimait déjà par la peinture.
Ses toiles monumentales réalisées avec une énergie brute (parfois en utilisant son propre corps), sont les témoins de sa vitalité créatrice et apparaissent aujourd'hui comme des prémonitions de la maladie. Il explique lui-même ses toiles dans l'une des capsules vidéos présentées dans le spectacle.
Une résilience créative
Aujourd'hui, Yannick n'est pas seulement le "sujet" du spectacle, il en est l'acteur implicite et essentiel.
À travers la danse improvisée, il prouve que l'identité artistique survit au déclin cognitif. Sa capacité à s'émerveiller et à créer dans l'instant présent est le moteur du spectacle.



Carminya
Donner une voix à l'effacement
De partenaire de vie à productrice en passant par artiste, Carmina, alias Carminya, et vice versa, porte ce projet comme un exécutoire aussi vital qu'incontournable, à la croisée du témoignage et de la création.
Elle transforme l'expérience de l'aidante en œuvre universelle.
Auteure et interprète
Chanteuse à l'univers singulier, Carminya est la voix de ce spectacle. Son écriture est le fruit d’une nécessité absolue.
Elle écrit et compose pour donner un corps et un son à ce qu’elle vit en tant qu’aidante. En signant des titres comme L’oubli, Je suis, Poison, ... elle porte la voix de Yannick autant que la sienne.
Le regard de l’aidante
Au cœur de cette création se trouve le lien indéfectible qui l'unit à Yannick.
Son parcours de compagne devenue aidante lui donne une légitimité rare pour traiter ce sujet.
Elle puise dans les fragments de leur quotidien — les mots, les silences, les post-it — pour nourrir chaque seconde du spectacle.
Conceptrice et productrice
Au-delà de la scène, Mina assure la conception et la production du projet.
Via sa structure Carminya Publicum, elle coordonne les différents talents (image, musique, chorégraphie) pour garantir la cohérence artistique et l'éthique du projet.
Sa volonté est de faire de Danse avant de tomber bien plus qu’un spectacle : un outil de sensibilisation et de transformation du regard sur la maladie.
Répertoire musical
Toutes les chansons sont inédites. La première chronologiquement, Minos, a été écrite et composée en 2024 par Jim Bauer, à la demande de Carminya. Le refrain reprend les mots que Yannick a griffonnés des milliers de fois sur des post-it dans son appartement : "Je m'oublie, je m'éteins, je m'efface à moi-même."
L'écriture des chansons suivantes, L'oubli, Je suis, Poison, Danse avant de tomber, ... est signée Carminya : ces chansons ont agit comme autant de catharsis face à la charge mentale de "l'amante" devenue "aidante", témoin du départ progressif de l'homme aimé malgré lui.
Carminya écrit à la première personne, à la place de Yannick. En chantant le "Je", elle absorbe et transfigure la réalité de la maladie pour lui donner une forme artistique.
Les paroles comme les arrangements soulignent le contraste entre la fragilité humaine et la complexité du cerveau.



Thierry Thieû Niang
La danse de l'instinct et du lien
Depuis des décennies, le danseur et chorégraphe Thierry Thieû Niang place l’humain, la vulnérabilité et la rencontre au cœur de sa démarche artistique. Son œuvre est internationalement reconnue pour sa capacité à faire danser tous les corps, des professionnels aux amateurs de tous âges.
Qu’il collabore avec de grands metteurs en scène comme Patrice Chéreau, qu'il crée pour l'Opéra de Paris ou qu'il fasse danser des personnes autistes ou atteintes de la maladie d’Alzheimer, il capte la poésie du geste suspendu, avec une délicatesse et une humanité bouleversantes.
Une danse de l’instinct
Le spectacle privilégie une approche de danse libre et spontanée. L'enjeu n'est pas la technique, mais l'expression pure et instantannée : Yannick danse sur les chansons de Carminya, laissant son corps répondre aux émotions de la musique.
La danse devient le langage qui supplée aux mots, une forme de résistance face à l'effacement.
L'alter ego : le lien de confiance
Pour stimuler cette créativité, Yannick est accompagné sur scène par Thierry Thieû Niang : plus qu'un partenaire, Thierry est l’alter-ego en qui Yannick a une totale confiance. Sa présence rassure et déclenche le mouvement.
Le travail se base sur une écoute mutuelle, avec un minimum de répétitions pour préserver la fraîcheur et la vérité de l'interaction.
Le dialogue entre réel et silhouette
Le dispositif scénique enrichit cette performance physique par un jeu de miroirs visuels : en complément de la danse live sont projetées des images captées lors des répétitions.
Filmées dans un clair-obscur intense, ces silhouettes démultiplient la présence sur scène. Elles créent un pont poétique entre le corps palpable en direct et son double immatériel et graphique à l'écran.
L’intention n’est pas de chorégraphier la maladie, mais de laisser le corps raconter sa propre histoire, sa propre force, dans un dialogue permanent avec l'autre.



Fabrice Naud
Violon, violon baryton & thérémine
Formé au violon classique dans les conservatoires de Bruxelles et Paris, Fabrice Naud s'est rapidement tourné vers le rock, les musiques expérimentales et le théâtre. Multi-instrumentiste (violon, violon-basse, thérémine...) et ingénieur du son, il collabore dès 2010 avec Patrice Chéreau (La Douleur) et compose pour de grands noms de la scène et du cinéma (Anna Mouglalis, Dominique Blanc, Niels Arestrup). Co-nommé aux Molières 2020 pour la création sonore de la pièce Rouge, son travail explore la synesthésie en faisant vibrer la musique en parfait écho avec les images et les mots. Véritable « couteau suisse musical », il apporte au spectacle Danse avant de tomber toute sa sensibilité cinématographique.



Eric Amrofel
Guitare & clavier
Formé à la guitare classique au Conservatoire d’Orléans puis au jazz et aux musiques improvisées (auprès de Denis Badault, Andy Emler, Noël Akchoté), Éric Amrofel évolue depuis plus de 30 ans entre jazz, chanson et création scénique. Lauréat du Concours de La Défense en 1999 (À suivre… X’tet), il collabore avec de nombreuses formations (Le Tricollectif) et accompagne la scène chanson ainsi que le mythique cabaret Madame Arthur.
Compositeur et arrangeur passionné par le dialogue entre la musique, les mots et l'image, il signe des créations pour le théâtre, le cinéma et la chanson (Compagnie Je est un Autre, Vendeurs d'Enclumes). Il est également titulaire du Diplôme d'État de Musiques Actuelles et enseigne l'improvisation et la guitare.



Philippe Sliwa
Percussions
Initié à la musique dès son plus jeune âge, c'est le métal à l'adolescence qui déclenche chez Philippe Sliwa une véritable passion et scelle sa vocation. Avide d'expériences et d'exploration sonore, ce percussionniste au profil résolument éclectique navigue avec aisance entre jazz, musique classique et musiques électroniques.
Animé par un fort désir de transmission, il s'investit parallèlement dans de nombreux projets d'éducation populaire et d'action culturelle auprès de publics variés (écoles, centres sociaux, résidences autonomie, ESAT).



Abdel Kader Diop
Danse improvisée
Artiste performeur originaire du Sénégal, Kader déploie une présence scénique singulière à la croisée de la danse contemporaine, de l'acrobatie et des arts du cirque. Formé à une grande exigence physique et gestuelle, il s'illustre aussi bien sur de grandes scènes internationales — notamment auprès de Josef Nadj (Omma, Full Moon) ou dans Notre Dame de Paris — qu'au sein de créations alternatives et audacieuses comme le Cirque Électrique.
Guidé par une perception fine du monde et une poésie du mouvement, il allie la beauté du geste à la force de l'engagement social. Fondateur d'initiatives de cirque social au Sénégal, il intervient régulièrement comme encadreur pédagogique auprès de publics vulnérables. Sur scène, sa sensibilité et sa virtuosité incarnent un dialogue rare d'émotion et de complicité.



Didier Pazery
Capturer l’humain et la trace
Photographe et réalisateur, Didier Pazery place la mémoire, l’histoire et l’identité au cœur de son œuvre. Son regard, à la fois plasticien et documentaire, cherche à saisir l'invisible.
Son œuvre photographique est reconnue pour sa capacité à humaniser l'Histoire.
Que ce soit les derniers survivants de la Grande Guerre, les guérilleros de N'Djamena, les cérémonies syncrétiques brésiliennes ou des tatoués, il capte l'humain dans sa vérité la plus nue, avec une pudeur
et une fraternité constantes.
Le spectacle et le film documentaire réalisé depuis 2 ans sur Yannick Soulier sont intimement liés et se nourrissent mutuellement.
Les capsules qui sont présentées dans le spectacle documentent le quotidien de Yannick avec une vérité saisissante.
Une archive du vivant
Ce n’est pas un reportage sur la maladie, mais un portrait au long cours d’un homme et d’un artiste : le film capte ces moments où la conscience et la créativité de Yannick sont à l'œuvre et contrastent avec les moments de retrait.
Le quotidien comme terrain de création
Les séquences montrent Yannick au travail (chant, peinture, mouvement), révélant que l'acte de créer est son moyen de communication le plus efficace.
Sans fard, le film montre aussi les limites, les silences et les doutes, rendant l'hommage encore plus fort.
Le dialogue entre réel et silhouette
Le dispositif scénique enrichit cette performance physique par un jeu de miroirs visuels : en complément de la danse live sont projetées des images captées lors des répétitions.
Filmées dans un clair-obscur intense, ces silhouettes démultiplient la présence sur scène. Elles créent un pont poétique entre le corps palpable en direct et son double immatériel et graphique à l'écran.
Le regard de Didier sur Yannick est empreint d’une fraternité qui permet une intimité totale sans jamais être intrusive.
